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 Bouturage par l'auxine.

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Hélène
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Localisation : Vaucluse

MessageSujet: Bouturage par l'auxine.   Sam 18 Sep 2010 - 23:16

Merci Lechene de m'avoir transmis ces lignes si précieuses!


AMELIORATION DU BOUTURAGE PAR ACTION SUR LE VEGETAL

Traitements chimiques.

Auxines. - Par divers traitements physiques les activités de la plante stimulées ou modifiées permettent d'obtenir un enracinement ou un bour¬geonnement plus facile lors de la multiplication végétative.
Ces transformations s'exercent par l'intermédiaire de multiples trans¬formations chimiques : élaboration et dégradation de substances variées et complexes.

Parmi celles-ci les hormones végétales, dont l'activité stimulatrice de croissance et de multiplication cellulaire a déjà été évoquée, concourent pour une grande part à la différenciation et à la croissance des organes nouveaux racines et bourgeons.

Elaborées par les méristèmes apicaux des bourgeons à partir de substances produites par les feuilles, ces phytohormones ou auxines migrent à travers les tissus végétaux à partir des extrémités des rameaux vers les racines. Leur concentration d'abord très faible aux extrémités va croissant au fur et à mesure qu'elles s'accumulent par l'effet de leur cheminement naturel. Elles excitent d'abord l'élongation des cellules puis leur division et, par-là, concourent au développement des jeunes pousses. A dose plus forte elles inhibent la croissance des bourgeons inférieurs. Des concentrations plus élevées encore excitent la différenciation des tissus en rudiments de racines.
Les premières auxines naturelles découvertes ont été dénommées auxine a (acide auxentriolique) et auxine b (acide auxénilonique). D'autres substances ont été reconnues capables d'agir sur les plantes à la façon des auxines, notam¬ment l'acide indole acétique, d'abord dénommé "hétéro-auxine" et reconnue ensuite comme étant elle-même l'auxine naturelle la plus connue. On appelle maintenant "auxines de synthèse" celles qui n'existent pas dans la nature, tels les acides bêta-indole butyrique et alpha-naphtalène acétique.
La découverte des auxines de synthèse trouve de nombreuses applications, entre autre, en agriculture, le désherbage sélectif des céréales et en horticulture, L'enracinement de @cottes et boutures de reprise difficile.

Applications sur boutures. - Les auxines ont été parfois appliquées sur boutures par trempage du feuillage ou pulvérisation de solutions très diluées.
Les procédés actuellement reconnus comme étant les plus commodes d'utilisation sont le trempage de la base de la bouture en solutions aqueuses ou en poudres chargées de substance active.

Trempages. - La solution est préparée au moment de l'emploi. Pour utiliser du produit pur le faire dissoudre auparavant dans un peu d'alcool puis mêler à la quantité d'eau voulue (dans les spécialités du commerce l'auxine est déjà présentée en solution légèrement diluée).

Plonger ensuite la base des boutures dans la solution sur quelques centi¬mètres de hauteur et laisser tremper pendant plusieurs heures.

Une atmosphère un peu sèche, en favorisant la transpiration du feuillage, accélère l'absorption du liquide. Ne pas trop serrer les boutures entre elles.
En moyenne les concentrations de produit pur par litre d'eau et durées de trempage sont les suivantes avec les acides indole butyrique et indole acétique - boutures herbacées : 20 à 50 mg, de 12 à 24 h;
- boutures à bois aoûté : 50 à 150 mg, de 24 à 48 h.

Certaines boutures craignant la pourriture préfèrent une concentration plus forte (double ou triple) pour un temps de trempage réduit : de 2 à 6 h.
L'acide naphtalène acétique est normalement à employer en solution deux fois moins concentrée.

Le trempage rapide peut également être utilisé par simple immersion de la base de la bouture pendant une fraction de seconde dans une solution très concentrée : 1 à 4 g d'auxine par litre. Ce procédé n'est cependant applicable qu'à des espèces à écorce suffisamment liégeuses. Les boutures herbacées ne le supportent ordinairement pas.

Pour obtenir des effets réguliers n'utiliser que des hormones de fabrication récente et conservées dans un lieu obscur et frais. Renouveler les solutions après utilisation.

Poudrages : l'auxine peut être diluée dans un support pulvérulent : talc ou charbon de bois.

La base de la bouture (à peine humide) est plongée dans la poudre sur 1 ou 2 cm de hauteur, puis secouée légèrement.

Ce mode d'application est particulièrement commode pour des plantes au feuillage raide et quand il n'est pas possible de se procurer des bacs de trempage en quantité suffisante.

La concentration de la poudre varie suivant les espèces traitées : en acide indole butyrique ou acétique 0,5 à 2/1000 environ de substance active sur boutures herbacées, et de 5 à 10/1000 sur rameaux ligneux. En acide naphtalène acétique les doses doivent être sensiblement plus faibles.

Application sur marcottes. - Les hormones s'appliquent non seule¬ment sur boutures mais aussi sur marcottes aériennes, souvent avec incision du rameau et application d'un tampon de sphagnum humide enveloppé d'un manchon en film plastique. L'auxine est alors apportée sous forme de pâte de lanoline ou plus souvent par poudrage en mélange avec du talc (1 à 8 suivant l'espèce et la dureté du rameau).

Techniques complémentaires. - Pour les boutures produisant un cal sans s'enraciner, renouveler le traitement une seconde fois avec éventuellement incision du cal.

Certaines espèces peuvent tirer un plus grand bénéfice de l'opération si une incision est pratiquée à l'endroit d'application de l'auxine. De bons résultats ont été obtenus de l'incision en croix de la base de boutures d'Ilex opaca ou de l'ablation d'un lambeau d'écorce sur boutures ou marcottes. Ces incisions permettent d'obtenir un enracinement plus régulier avec une concentration moindre de produit.

Expérimentation systématique. - Des différences assez importantes peuvent être observées dans les réactions de divers végétaux aux traitements par auxines.
La même espèce, peut réagir elle-même différemment suivant queue est traitée en boutures plus ou moins ligneuses ou herbacées et en diverses condi¬tions de milieu.
Quelques résultats cités par divers auteurs sont indiqués à titre documen¬taire dans la deuxième partie de ce livre. Il importe pourtant, pour l'utilisateur, d'expérimenter rationnellement pour une bonne mise au point personnelle.
Pour cela travailler en parallèle plusieurs séries de boutures en com¬mençant sur une petite échelle, mais avec des rameaux prélevés et traités en conditions bien déterminées : comparer avec des expériences déjà réussies en faisant varier l'une ou l'autre des conditions habituelles : concentration du produit, état de lignification de la bouture, conditions ambiantes de tempé-rature et d'humidité, etc.
Des essais effectués avec un matériel végétal hétérogène, sans contrôle précis des conditions de milieu ne pourraient donner que difficilement des résultats présentant un intérêt pratique.
Il peut être également très instructif d'observer, dans une même série d'expérience, quelles sont les boutures les mieux - ou les moins bien ¬réussies, afin d'émettre des hypothèses pour l'amélioration des essais futurs.
Ainsi dans un lot de boutures enracinées, il est possible d'observer, avant l'arrachage, si une partie de la surface de plantation n'apparaît pas à l'oeil comme étant de meilleure végétation et d'essayer d'en déterminer la cause due aux conditions particulières de milieu... Dans une même série, également, il est parfois possible d'observer si de légères différences de force ou de lignifi¬cation des boutures ont influé favorablement ou non sur les résultats.

Quelques phénomènes peuvent donner à première vue un aperçu de la valeur des résultats obtenus :

- peu de différence avec le témoin : doses trop faibles ou mauvaise réactivité de la plante aux auxines employées ;

- pertes importantes dans les séries traitées, base des boutures nécrosées, racines très nombreuses et courtes, développement plus lent de la jeune plante : concentration excessive de la solution employée;

- racines nombreuses et suffisamment longues, bonne végétation ulté¬rieure : application judicieuse de l'auxine.

Opportunité de l'emploi des auxines de synthèse.
Certaines plantes de reprise assez facile, multipliées en excellentes conditions de végétation et de milieu, n'auront nullement besoin de l'aide de substances de croissance artificielles.
En d'autres circonstances pourtant : boutures durcies, conditions d'environnement moins bonnes, ces mêmes espèces pourront tirer bénéfice de l'application des auxines de synthèse.
Pour certains végétaux considérés autrefois comme d'enracinement très difficile, tel les Rhododendrons hybrides, un bénéfice très net est à escompter pour l'obtention de plantes plus vigoureuses et plus vite commercialisables.
Pour diverses espèces de reprise assez facile, tel le Laurier-cerise (Prunus laurocerasus) le bouturage peut être effectué grâce aux auxines avec des branches déjà ramifiées, et produire ainsi rapidement de fortes plantes.
L'application d'auxines lors du bouturage facilite la transplantation ulté¬rieure des espèces devant être déplacées en mottes, par la multiplication du nombre de racines initiales.

Application d'autres substances de croissance. - Diverses sub¬stances excitatrices de croissance peuvent exercer une action complémentaire de celle des auxines, telle la vitamine B 1 (aneurine) à la dose de 1 mg/l (diluée directement dans l'eau), l'acide nicotinique, etc.
Par application combinée de diverses substances, des résultats intéressants peuvent ainsi être obtenus, tel celui-ci, instructif également par la précision des indications apportées : "Bouturage de Prunus Mahaleb".
Boutures feuillées de 7-8 cm de long, trempées un instant dans une solution cireuse comprenant en parties par million : 1 000 d'urée, 5 000 de sucre, 25 de thiamine et 25 d'acide nicotinique, la base des boutures est ensuite immergée pendant quatre heures dans une solution aqueuse comprenant 200 parties par million d'adénine, puis poudrée avec du talc renfermant 3 000 parties par million d'acide indole butyrique.
Les boutures traitées ont fourni un résultat positif : 100% de boutures enracinées en trois semaines avec dix-neuf racines en moyenne par bouture.
Un lot traité sans adénine a donné 40% d'enracinement en trois semaines et 80% en six semaines avec huit racines en moyenne par bouture.
Un témoin sans adénine ni auxine n'a pas permis d'obtenir d'enracinement. (Le même procédé aurait donné de bons résultats avec les divers porte-greffes du pêcher.)
Les gibberellines, substances actuellement à l'étude ne semblent pas exercer d'effet sur la rhizogénèse. Elles exercent par contre une influence marquée sur la formation et la stimulation de la végétation des bourgeons.

Utilisation des régulateurs de croissance

Parmi les régulateurs de croissance existants, les auxines sont utilisées de façon courante dans le bouturage traditionnel. Les nanifiants parfois utilisés sur les pieds-mères pour obtenir des boutures plus courtes et plus trapues n'ont pas d'effet prouvé sur la rhizogénèse.

Intérêt de l'utilisation

Si il n'est pas raisonnable de vouloir appliquer des auxines exogènes à toutes les boutures, l'emploi de ces substances est parfois très intéressant et offre divers avantages.

- Elargissement des périodes de bouturage. Les périodes où l'enracinement se fait de manière rapide avec un taux de réus¬site satisfaisant sont parfois très courtes dans le temps.
L'exemple le plus net étant celui des conifères présentent dans l'année trois périodes d'environ 10 à 15 jours favorables au bouturage (fin juin, début août et fin septembre), plus on s'éloigne de ces périodes plus la reprise devient longue et déli¬cate. L'apport d'auxines exogènes permet un allongement très net de ces périodes facilitant ainsi l'organisation du travail.

- Reprise plus rapide chez les espèces se bouturant assez facilement, la reprise est en générale plus rapide et l'on observe également une plus grande quantité et qualité du système racinaire.

- Permet le bouturage d'espèces à reprise difficile. Pour certains végétaux se bouturant mal, l'apport d'auxines a permis l'augmentation sensible du taux de reprise rendant ainsi la technique rentable. De plus,, certains genres rebelles au bouturage peuvent maintenant être multipliés de cette manière grâce aux apports d'auxines.

Ces substances doivent toutefois être manipulées avec précautions car les sensibilités spécifiques et variétales sont très grandes. Il faut donc respecter scrupuleusement les notices d'emploi et ne pas hésiter à faire des essais préalables pour déterminer la matière active et le dosage le plus intéres¬sant.

Différents régulateurs

L'acide indole acétique ou A.I.A.

Obtenue par synthèse, peu toxique pour la plante, elle a une faible stabilité à la lumière ; elle est rapidement dégradée par les bactéries du sol. Elle possède une excellente activité auxi¬nique au sans large et une bonne activité rhizogène ; ce n'est pas la plus utilisée.

L'acide indole butyrique ou A.I.B.

Produit, de synthèse assez peu toxique pour la plante. Elle a une mauvaise activité auxinique générale, mais une excellente action rhizogène. Elle migre peu dans la plante, d'où une action très localisée. Elle est assez stable à la lumière.

L'acide naphtalène acétique ou A.N.A.

Elle est obtenue par synthèse; elle a une large activité auxi¬nique générale et rhizogène. Elle est assez stable et est légère¬ment plus toxique pour la plante que l'A.I.B.

Les spécialités du commerce à base de l'une de ces trois auxines se présentent sous deux formes: solide ou liquide, avec des dosages différents qui correspondent à des utilisa¬tions assez précises.


Utilisation pratique

Les spécialités commerciales renfermant des auxines se présentent sous trois aspects: poudre, comprimés, liquide.
- Enrobage à sec. Les boutures à traiter sont trempées dans une poudre qui enrobe ainsi la base de la bouture. Cette tech¬nique, très répandue, est facile à mettre en oeuvre mais le dosage est difficile à maîtriser. Ce procédé est surtout utilisé sur les boutures herbacées.

- Absorption ou trempage. Se pratique avec les spécialités commerciales sous forme liquide ou de comprimés à dissoudre. Deux techniques peuvent être envisagées.

- Le trempage long. Le produit commercial est dilué dans de l'eau à des dosages de l'ordre de 10 à 150 p.p.m. de produit commercial par litre. La base des boutures regroupées en paquets est mise à tremper pour une durée qui s'échelonne de 1 0 minutes à 24 heures, voire même 48 heures - Dans ce cas de trempage long, il est souvent ajouté un bactéricide ou un fongicide à la solution.

- Le trempage court ou Quip ... Dip : Se fait avec le produit commercial pur ou peu dilué (deux à quatre fois). Dans ce cas le trempage ne dure que quelques secondes. Cette technique ne s'emploie que sur des végétaux ligneux.

- Immersion. Variante des trempages, la bouture est entière¬ment plongée dans la solution. La concentration et la duré d'immersion sont de même nature que pour le trempage long.

- Pulvérisation. Après plantation, les boutures sont pulvéri¬sées (avec un matériel classique). Il faut mouiller abondam¬ment le feuillage (limite du ruissellement).
Les dosages des solutions sont de 50 à 250 p.p.m. de produit commercial selon les espèces.
Si le produit commercial est sous forme de comprimé à dissoudre, il est prudent de filtrer (avec un filtre à café) la solu¬tion mère. Certains constituants étant insolubles, on risque de boucher les buses du pulvérisateur.

- Dosage des spécialités commerciales
Quelle que soit leur présentation, les spécialités commerciales sont en général dosées dans une fourchette qui va de 1 %,o à8 %.

Les doses de 1 à 6 % sont utilisées sur les plantes herbacées. Les plus élevées étant réservées aux végétaux ligneux.

Principales hormones de bouturage

Nom commercial Acide indole acétique Acide indole butyrique Acide naphtalène acétique

Exubérone liquide 0,4 %
Exubérone V 1,00%

Rhizopon A Poudre 1,00%
Rhizopon A Poudre 0,70%
Rhizopon A Poudre 0,50%
Rhizopon A Comprimé 50 mg par comprimé, à dissoudre et utiliser sous forme liquide

Rluzopon AA Poudre 2,00%
Rhizopon AA Poudre 1,00%
Rluzopon AA Poudre 0,50%
Rhizopon AA Poudre 4,00%
Rhizopon AA Poudre 8,00%

Rhizopon B Poudre 0,20%
Rhizopon B Poudre 0,10% A dissoudre
Rhizopon B Comprimé 25 mg par comprimé et employer en liquide

Rootone 0,17%
Rootone 10 0,40%
Rootone F 0,056% + 0,113% + Fongicide 4 %
Rootone liquide 0,28% 0,56%

Chrysopon rose 0,1 %
Chrysopon beige 0,4 %
Chrysopon blanc 0,6 %
Chrysopon gris

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MessageSujet: Re: Bouturage par l'auxine.   Jeu 23 Sep 2010 - 13:39

merci pour cette page de lecture tres instructif coucou2

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Gilles Clément
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